Cet observatoire mis en œuvre par l'IRSN est indépendant de la surveillance à caractère réglementaire menée par les industriels du nucléaire et les organismes en charge du contrôle de la radioactivité. L'objectif recherché est de déterminer et de comprendre les processus régissant les distributions spatio-temporelles et les transferts des radionucléides d'origine naturelle et artificielle, dans les différents milieux de l'environnement. La connaissance des niveaux de radioactivité permet à l'IRSN de concevoir, d'étayer et de valider la modélisation des processus de transfert des radionucléides dans l'environnement.
Régulièrement, l'état de la radioactivité naturelle et artificielle dans l'environnement est analysé. S'appuyant sur un réseau de plus de 30 stations implantées sur tout le territoire et représentatives des principaux milieux de la biosphère, les informations recueillies par l'IRSN viennent compléter celles obtenues par les réseaux de surveillance à caractère réglementaire. Cet outil mis en place dès 1959 pour le domaine atmosphérique (aérosols, précipitations) couvre aussi depuis 1984 le littoral des côtes françaises (sédiments et espèces côtières), depuis 1993 le milieu terrestre (sols, végétaux, animaux) et depuis 1998 le domaine fluvial (eaux, matières en suspension).
L'observatoire marin couvre le littoral de l'Atlantique et de la Manche ainsi que le littoral français de la Méditerranée.
En Méditerranée, 8 stations de prélèvement ont été choisies, réparties sur tout le littoral. Certaines se trouvent à proximité de l'estuaire rhodanien où aboutissent les radioéléments rejetés par les installations nucléaires situées le long du Rhône et de ses affluents. La circulation générale des eaux côtières méditerranéennes étant orientée d'est en ouest, les stations de Nice et de La Seyne, qui ne sont donc pas soumises aux influences industrielles rhodaniennes, peuvent être considérée comme des stations de référence.
La collecte des échantillons marins est effectuée mensuellement et porte sur des organismes vivants connus pour accumuler les radioéléments au sein de leurs tissus. Les plus couramment collectés sont les moules et certains poissons vivant au contact des sédiments. Présents en quantité suffisante toute l'année, ces bio-indicateurs sont représentatifs des niveaux de contamination de l'écosystème étudié. Pour chacun d'entre eux, des échantillons d'environ 4 kg sont collectés mensuellement.
L'IRSN
dispose d'un laboratoire de mesure accrédité
par le COmité FRançais d'ACcréditation (COFRAC)
dans le cadre du programme 135 pour l'analyse en laboratoire des
radionucléides présents dans tous les types d'échantillons
de l'environnement et du programme 99-4 pour l'analyse des contaminants
chimiques chez les animaux, dans les produits et les denrées
alimentaires destinés à l'homme ou aux animaux.