Le littoral


plages
© Remy Lengereau

Le rivage méditerranéen français s'étire sur une longueur de 1960 km et les contrastes sont évidents entre Languedoc - Roussilllon et Provence Alpes Côte d'Azur, entre les côtes orientales et occidentale de la Corse.

Sur cette dernière, ainsi qu'en Provence Alpes Côte d'Azur, les côtes rocheuses dominent : falaises abruptes, rias taillées dans le calcaire des calanques de Bonifacio ou de Cassis, falaises de roches cristallines du cap Sicié, falaises de roches volcaniques de la presqu'île de Scandola ou du massif de l'Estérel.

A l'image de la Corse, détachée du massif de l'Estérel et des Maures il y a 15 millions d'année, les îles sont liées aux côtes rocheuses au large de Marseille, de Sanary, de Hyères et de Cannes. Les zones d'accumulation (plages) sont peu nombreuses.

Entre Provence et Languedoc, le delta du Rhône, avec la Camargue en son sein, couvre aujourd'hui 85 000 ha en arrière du cordon de sable de 35 km qui isole l'étang du Vaccarès (20 000 ha) de la mer : un milieu instable, vulnérable aux interventions anthropiques, cadre d'une cohéxistence délicate entre avifaune, agriculture (riziculture et élevage), production de sel sur les 10 000 ha des salins de Giraud, chasse, tourisme et activités industrielles (golfe de Fos).

Plus à l'Ouest, se déroule le littoral du Languedoc Roussillon. A part l'île de Maguelone, les caps rocheux d'Agde et de Cerbère, c'est une côte d'accumulation plate et sablonneuse, ou un chapelet de lagunes (35 000 ha - Thau, Ayrolle, Leucate, Bages, Palavas), s'abrite derrière les cordons dunaires percés de graus dont le tracé fluctue dans le temps.

En Corse orientale, caractérisée par de grandes plages et les étangs du sud de Bastia (Diane, Urbino, Biguglia), le littoral est également très fluctuant. L'embouchure du Golo a ainsi reculé de 100 m entre 1948 et 1981.

A part celui du Rhône, le réseau hydrographique est constitué de modestes fleuves côtiers : Var, Aude, Tech, Golo... En Corse et dans les montagnes du continent les pentes sont fortes : ainsi la rivière de la Tinée prend sa source à 2650 m d'altitude et rejoint le Var à 60 km de là à 200 m d'altitude.

Les cours d'eau affectent alors des allures de torrents à régime nivo - pluvial, comme la Bleone ou le Verdon. Ailleurs, le régime méditerranéen prédomine. En Corse cristalline, le réseau de surface est très développé au contraire des nappes phréatiques. En revanche, dans les zones sédimentaires des Alpes et des Pyrénées, les réserves souterraines sont importantes.

Le littoral méditerranéen riche de potentialités est un espace de convergence et de compétition. Les pressions qui s'y exercent sont toutes plus ou moins d'origine anthropique, qu'il s'agisse des problèmes liés à la concentration urbaine excessive ou à la déprise rurale, d'érosion côtière, de dépérissement de la végétation des rivages, d'appauvrissement et de destruction de biotopes littoraux, de la contamination des eaux, etc...

La littoralisation est le fait d'une concentration de populations et d'activités industrielles, notamment au niveau des ports (Fos sur Mer, Sète, Toulon, Port la Nouvelle) ou touristique (plage, plaisance, stations balnéaires, camping), avec développement de réseaux de transports parallèles au trait de côte. Les espaces naturels relictuels sont fragilisés, tandis que le milieu marin côtier est dégradé.

L'espace littoral qui représente 10 % de l'espace régional, reçoit globalement 90 % de la population permanente et saisonnière. Dans les Alpes Maritimes, par exemple, le littoral rassemble 84 % de la population du département. Le Languedoc Roussillon est la région française qui a connu la plus forte progression démographique (9,5 %) entre 1982 et 1990. Pendant les mois d'été, l'augmentation de la population atteint 75 % sur le littoral languedocien et provençal et 150 % en Corse.

Provence Alpes Côte d'Azur est la première région touristique de France et l'une des plus importantes du bassin méditerranéen, avec 237 Millions de nuités en 1992, contre 21,1 million en Languedoc Roussillon et 1,5 million en Corse où le tourisme a doublé depuis 1977.

Port méditerranéen - Remy Lengereau
© Remy Lengereau

La plaisance a explosé en moins de 3 décennies et le rivage méditerranéen concentre une flotte immatriculée de près de 230 000 bateaux de moins de 2 tonnaux, dont 84 % à moteur, et près de 92 000 bateaux de plus de 2 tonnaux, dont 59 % à moteur.

Provence Alpes Côte d'Azur a le taux d'artificialisation littorale le plus élevé avec 61 % (92 % dans les Alpes Maritimes). Languedoc Roussillon occupe une position intermédiaire avec 43 % contre 3,8 % pour la Corse. Par ailleurs, si l'occupation industrielle est importante en Provence Alpes Côte d'Azur (11 % du linéaire côtier), elle est quasiment nulle en Languedoc Roussillon (2% ) et en Corse (0,2%).

Sur la côte provençale de Martigue à Menton, cent quatre vingt douze ouvrages (ports de plaisance et abris) couvrent 15 % des fonds entre 0 et 10 mètres et 17 % du linéaire côtier.

La pêche en Méditerranée, longtemps artisanale, se développe industriellement principalement en Languedoc Roussillon. Sète, 10 ème port de pêche français avec environ 26000 tonnes péchées en 1998, est le premier port de pêche méditerranéen.

L'aquaculture méditerranéenne est caractérisée par la maturité de la conchyliculture en étang. En 1990, concentrée à 83 % dans la zone de Sète, elle représentait 97 % de la production aquacole méditerranéenne ; les moules représentaient le plus fort tonnage : 14 000 tonnes soit presque le quart de la production nationale. Par ailleurs, la production intensive de loup et de daurades atteignait 900 t en 1992, soit 75 % de la production nationale. Elle est en progression sur le littoral provençal et surtout en Corse .

Les récents travaux liés à la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau 2000/60/CE ont permis de réaliser un important bilan sur l’état de notre littoral et sur les pressions qui s’y exercent. Si les nombreux efforts réalisés au cours des dernières années en matière de lutte contre la pollution ont commencé à porter leurs fruits, le littoral se trouve aujourd’hui menacé par des problématiques nouvelles ou jusque là peu mises en évidence. Cela concerne la gestion des pressions liées aux activités humaines en mer, les atteintes à l’hydromorphologie qui sont pour l’essentiel les aménagements ou les terrains gagnés sur la mer ainsi que la gestion des espèces invasives. La prise en compte de ces problématiques dans les politiques publiques de gestion et de restauration du littoral méditerranée est l’un des enjeux forts des années à venir.

Plus d'informations sur les particularités du littoral Languedoc Roussillon, Provence Alpes Côte d'Azur, Corse : serveur IFREMER "Environnement : votre région".


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Dernière modification de la page : 24/02/10