
Très convoité le littoral méditerranéen est le siège d'un développement urbain et socio-économique particulièrement importants : pêche et aquaculture, activités portuaires, activités industrielles, transports maritimes, activités extractives, tourisme balnéaire et nautique, défense nationale, etc.
La fragilité des écosystèmes côtiers et les pressions qui s'y exercent imposent d'établir un équilibre entre les préoccupations d'aménagement, de développement et celles de protection des espèces et des milieux, nécessaires au maintien des équilibres biologiques.
La mer Méditerranée se caractérise par des marées généralement faibles, des courants fortement influencés par les vents, une salinité élevée et un étroit plateau continental. En relation avec la nature des côtes, des sols et des climats, elle est à l'origine d'écosystèmes côtiers et aquatiques présentant un intérêt écologique remarquable et une prodigieuse biodiversité.
La loi sur l'eau de 1992 a recommandé que les politiques de protection et de mise en valeur des eaux douces et côtières soient menées avec cohérence et continuité. La mer ne doit plus être considérée comme le récepteur ultime des apports et des rejets des bassins hydrographiques qui la bordent, elle doit s'y intégrer en matière de gestion.
Le Schéma Directeur d'Aménagement et Gestion des Eaux (SDAGE) du Bassin Rhône Méditerranéen Corse qui en a découlé avait inscrit le littoral dans la logique et la cohérence d'un pilotage de l'amont par l'aval. Les objectifs de qualité qui lui sont assignés seront ainsi répercutés et pris en compte dans les territoires ou sous bassins amonts.
Pour définir et appliquer ses objectifs dans un cadre territorial approprié, le SDAGE a identifié le littoral comme un territoire, au même titre que les 28 autres qui composent le Bassin Hydrographique RMC, constitué par une double bande terrestre et marine, l'une correspondant au bassin versant de proximité, l'autre à la zone soumise à l'influence des nombreux apports telluriques.

Une méthode de qualification avait permis de découper, de décrire et de classifier le littoral en 50 zones homogènes, ou unités cohérentes de gestion, comparables dans le principe de la loi sur l'eau aux bassins versants des rivières. C’est à l’intérieur de ce référentiel que les politiques de gestion doivent et ont pu se bâtir comme par exemple le contrat de baie de la Rade de Toulon
La loi sur l’Eau de 2006 se situe pleinement dans le contexte de la directive cadre eau 2000/60/CE. Elle instaure au travers du SDAGE le plan de gestion du bassin, véritable outil de mise en œuvre de la directive. Le plan de gestion identifie pour l’échelle de rapportage de la DCE qui est la masse d’eau, l’objectif à atteindre, l'échéance mais aussi les principales actions à mettre en œuvre dans les prochaines années pour s’assurer de l’atteinte à ces objectifs.
Les travaux préparatoires à ce nouveau SDAGE ont permis de dresser un bilan d’exécution des orientations littorales identifiées en 1992. Ce bilan a permis de mettre en évidence :
Le SDAGE de 1992 reste tout de même une étape importante dans la gestion du littoral méditerranéen de part la dynamique qu’il a entrainé et les outils méthodologiques qu’il a conduit à développer.
Le nouveau SDAGE de 2006 et les travaux DCE n’ont pas soulevé de nouvelles problématiques mais plutôt mis de nouveau en évidence certains enjeux identifiés de puis les travaux de 1996 comme la gestion locale du Domaine Public Maritime.
De fait, les travaux relatifs au SDAGE de 2006 s’inscrivent dans cette logique en permettant au travers du découpage en masse d’eau de préciser certains des objectifs territoriaux au sein des zones homogènes.
Au-delà des ces objectifs locaux et spécifiques, le SDAGE de 2006 identifie sur la base du bilan des travaux réalisés ces dix dernières années et des travaux plus récents liés à la Directive cadre Eau, les orientations générales suivantes :
La mise en cohérence des différentes initiatives locales doit permettre de gagner en pertinence, en efficacité et en efficience. Le SDAGE encourage la mise en œuvre de plan d’action ad’hoc au sein d’un cadre territorial intercommunal porté en totalité ou de façon partielle par des gestionnaires de l’espace littoral et recommande que soit mise en œuvre des outils d’évaluation de l’efficacité des politiques engagées.
Zone Homogène et masse d’eau
La zone homogène est le référentiel préconisé par le SDAGE pour bâtir une politique de gestion de l’espace littoral. La masse d’eau côtière ou de transition est le référentiel de la DCE pour fixer des objectifs de qualité, du bon état écologique, au bon état chimique en passant par le bon potentiel.
La zone homogène contient une ou plusieurs masses d’eau.
Voir carte des zones homogènes révisées
Voir carte des masses d’eau méditerranéennes