3. La contamination par les pesticides

Fréquence de quantification des pesticides (toutes substances confondues)

Seulement 11 % des stations du CO pesticides exemptes de contamination en 2016.

La présence de pesticides a été détectée et quantifiée au moins une fois sur 89 % des stations suivies. Les teneurs mesurées sont parfois très faibles et ont dans ces cas peu d’incidence sur la qualité des eaux. Cela traduit néanmoins une dispersion importante des pesticides et une présence dans une part significative des eaux souterraines.

Out[12]:

Répartition des stations selon la fréquence de quantification de pesticides (toutes substances confondues)

Fréquence de dépassement de la norme eau potable pour la somme des pesticides quantifiés

83 % des stations du CO pesticides n'ont jamais présenté de concentrations supérieures aux normes réglementaires en 2016.

A quelques exceptions près, les stations contaminées se trouvent dans les secteurs identifiés à risque de par la vulnérabilité des nappes concernées et les pressions principalement d’origine agricole qui s’y exercent. Ces stations appartiennent au CO et font l’objet d’un suivi particulier vis-à-vis des pesticides.

17 % des stations du CO ont été contaminées au moins une fois par au moins une substance active à des teneurs supérieures aux normes de potabilité.

Out[15]:

Fréquence de dépassement de la norme eau potable pour la somme des pesticides quantifiés

119 substances phytosanitaires ont été quantifiées sur 409 recherchées, plus de la moitié d'entre elles sont des herbicides, 11% des métabolites d'herbicides, les fongicides représentent 19.3% des substances quantifiées et les insecticides 6.7%. Les 10% restant sont des molécules mixtes ou des régulateurs de croissance ainsi que des métabolites hors métobolites d'herbicides.

Répartition des substances pesticides quantifiées par famille d'usage

La contamination des eaux souterraines par les produits phytosanitaires est principalement le fait des triazines (atrazine, terbuméton, simazine, terbuthylazine, etc. ) et de leurs produits de dégradation (tels que l’atrazine déséthyl et l’atrazine déséthyl déisopropyl). L’usage de la plupart de ces substances est interdit en France depuis de nombreuses années. Toutefois, l’utilisation massive de ces produits avant leur interdiction ainsi que leurs propriétés (faible biodégradabilité, persistance d’action, durée de vie, mobilité …) en font encore de nos jours la cause majeure de pollution par les produits phytosanitaires. Parmi les substances fréquemment rencontrées, il est également intéressant de noter la présence de l’oxadixyl, un fongicide interdit depuis 2003, qui était utilisé, en association avec d'autres substances, sur les vignes (traitement du mildiou) et ponctuellement sur les laitues, les tomates, les pommes de terre …

Les dépassements de la norme Alimentation en Eau Potable ont deux origines principales :

  • la somme des pesticides, 10.8% des cas ;
  • la présence de l’atrazine déséthyl déisopropyl, dans 17.5 % des cas avec des concentrations parfois importantes.

A noter :

  • Les molécules telles que le métolachlore ou le bentazone, utilisées en remplacement de l’atrazine, présentent des fréquences de quantification respectives de 4.1% et 11.5%.
  • Le glyphosate, produit phytosanitaire le plus vendu sur le territoire de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, et son produit de dégradation l’AMPA ne sont que très peu détectés dans les eaux souterraines (2 % de détection).

Les pesticides les plus fréquemment quantifés qui présentent des dépassements de la norme eau potable